Le quartier industriel de Saint-Laurent face à son avenir
Politique municipale

Le quartier industriel de Saint-Laurent face à son avenir

Des citoyens s'interrogent sur la vocation future d'un secteur en pleine mutation

Par Youness Haji, Journaliste

Contexte

Saint-Laurent est un arrondissement de la ville de Montréal, au Québec, qui se distingue comme le plus grand des arrondissements montréalais quant à sa superficie, couvrant 4 288 hectares (42,88 km²). Fondé dès 1720 comme village agricole, son développement fut ensuite catalysé par la desserte ferroviaire et le tramway. Constituée en 2002, la municipalité compte aujourd'hui plus de 112 000 résidents et résidentes, dont 81 % sont des immigrants ou ont un parent né à l'étranger, témoignant d'une composition multiculturelle marquée. La population a enregistré une croissance de 30 % depuis 2001, bien supérieure aux 2 % enregistrés pour l'ensemble de la métropole. Cette dynamique démographique s'accompagne d'une vitalité économique : l'arrondissement accueille quelque 108 000 travailleurs et travailleuses, un nombre pratiquement égal à celui de sa population, et abrite 4 500 entreprises et commerces.

Ce qu'il faut savoir

L'histoire urbaine de Saint-Laurent est marquée par des phases de développement résidentiel et industriel successives. En 1942, la construction du quartier Norvick a démarré avec 248 maisons individuelles, répondant aux besoins de milliers d'ouvriers engagés dans l'effort de guerre. Le quartier Cosmos, situé au sud-est du territoire, a vu le jour en 1949 et comprend plus de 480 logements répartis en maisons unifamiliales et immeubles locatifs. Le quartier Chameran, avec près de 15 000 résidents, héberge environ 16 % de la population totale de l'arrondissement et se caractérise par sa composition multiculturelle. Plus récemment, le projet Bois-Franc a été inauguré le 6 août 1993 sur l'ancien terrain de l'aéroport de Cartierville, offrant aux résidents une qualité de vie exceptionnelle grâce à de nombreux espaces verts et à la proximité de commerces et de services. Le quartier Nouveau Saint-Laurent a amorcé son développement au début des années 1990 sur d'anciennes fermes et le terrain de golf Challenger.

En matière d'aménagement, Saint-Laurent a accueilli quatre stations du nouveau Réseau express métropolitain (REM) en 2025, renforçant considérablement l'accessibilité de l'arrondissement au réseau autoroutier et aux transports collectifs. L'arrondissement possède également le plus grand parc technologique au Canada, soit le Campus Saint-Laurent de Technoparc Montréal, qui contribue à faire de Saint-Laurent le deuxième pôle d'emplois de la région métropolitaine après le centre-ville. Le développement durable revêt une grande importance pour cette communauté, qui est devenue, en janvier 2019, un territoire municipal durable. Sur le plan des équipements, Saint-Laurent dispose de deux bibliothèques, d'un Centre des loisirs, d'un nouveau Complexe sportif, d'un aréna, ainsi que d'une cinquantaine de parcs et espaces verts.

Analyse

L'urbanisme de Saint-Laurent se caractérise par une transformation profonde de son tissu résidentiel et économique. Les quartiers Bois-Franc et Nouveau Saint-Laurent illustrent une nouvelle conception de l'aménagement, privilégiant la mixité des fonctions urbaines et la proximité des services. Le projet Bois-Franc, par exemple, intègre des espaces verts, des commerces et des services à proximité immédiate des habitations, créant un modèle de développement résidentiel avant-gardiste. L'arrivée du REM en 2025 marque un tournant majeur pour la mobilité de l'arrondissement, avec quatre nouvelles stations qui relient Saint-Laurent au reste de la métropole. Cette infrastructure de transport collectif s'ajoute à un réseau déjà dense, incluant deux stations de métro et trois stations de train.

La présence du Campus Saint-Laurent de Technoparc Montréal, le plus grand parc technologique au Canada, confère à l'arrondissement une vocation économique singulière. Avec 4 500 entreprises et commerces, Saint-Laurent constitue le deuxième pôle d'emplois de la région métropolitaine, attirant quelque 108 000 travailleurs et travailleuses. Cette attractivité économique s'accompagne d'une pression urbaine croissante, d'autant plus que la population a connu un bond de 30 % depuis 2001, contre moins de 2 % pour l'ensemble de la métropole. Le statut de territoire municipal durable obtenu en janvier 2019 reflète une volonté d'encadrer cette croissance par des politiques de développement durable. Les équipements existants — 47 parcs et squares, 55 km de pistes cyclables, deux cégeps accueillant 13 000 étudiants — témoignent d'une politique d'aménagement soucieuse de la qualité de vie.

Ce qui suit

L'avenir urbain de Saint-Laurent sera déterminé par la capacité de l'arrondissement à concilier croissance démographique et qualité de vie. La population, qui a bondi de 30 % depuis 2001, continue de croître à un rythme nettement supérieur à la moyenne métropolitaine. Cette dynamique exige une planification rigoureuse des infrastructures, des services publics et des équipements collectifs. L'intégration du REM, avec ses quatre stations inaugurées en 2025, offrira un levier important pour orienter le développement urbain autour des pôles de transport. Le défi consistera à éviter la fragmentation urbaine et à garantir un accès équitable aux services pour l'ensemble de la population, dont 81 % sont des immigrants ou ont un parent né à l'étranger.

Au-delà des frontières de l'arrondissement, le développement de Saint-Laurent s'inscrit dans le cadre plus large de la planification des infrastructures publiques au Québec. Le Plan québécois des infrastructures (PQI) définit les priorités d'investissement et les méthodes de gestion des projets d'envergure, tandis que la Stratégie québécoise en infrastructures publiques vise à réaliser des infrastructures de qualité plus rapidement et à meilleur coût. Les outils de planification et de suivi, ainsi que les mécanismes de reddition de comptes, permettent de coordonner les interventions entre les différents paliers de gouvernement. Pour Saint-Laurent, cela signifie que les décisions d'aménagement devront s'inscrire dans une logique de cohérence territoriale, en harmonie avec les objectifs provinciaux de développement durable et d'accessibilité aux transports collectifs.

Saint-Laurentpolitique-municipaleRégion : Saint-LaurentCatégorie : Politique municipaleAngle : Urbanisme

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