Le rythme changeant des rues de Saint-Georges
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Le rythme changeant des rues de Saint-Georges

Dans le Saint-Laurent, les façades patinées côtoient de nouveaux commerces, trahissant un quartier en mutation.

Par Youness Haji, Journaliste

Contexte

Saint-Laurent est un arrondissement de la Ville de Montréal qui occupe une place singulière dans le paysage urbain montréalais. Situé sur l'île de Montréal, il est le plus grand des arrondissements montréalais quant à sa superficie, et compte plus de 100 000 habitants en 2021. Cette population, qui s'élève à plus de 112 000 résidents et résidentes, entretient un lien étroit avec l'immigration puisque 81 % des résidents proviennent de l'étranger ou ont un parent né dans un autre pays. Avec une croissance démographique dépassant 10 %, comparativement à moins de 2 % pour l'ensemble de la métropole selon les derniers recensements, sa population a connu un bond de 30 % depuis 2001.

L'histoire urbaine de Saint-Laurent est marquée par des transformations successives. D'abord un village agricole, la desserte par train et par tramway a catalysé son développement. Au fil des décennies, des quartiers aux identités bien distinctes ont vu le jour : Norvick en 1942, le Cosmos en 1949, Marlborough dans les années 1950, Chameran à partir des années 80, et Bois-Franc en 1993. Le quartier Chameran, avec près de 15 000 résidents, héberge environ 16 % de la population totale de l'arrondissement et se caractérise par sa composition multiculturelle.

Aujourd'hui, Saint-Laurent est devenu un véritable pôle urbain. Véritable locomotive économique avec ses 4 500 entreprises et commerces, il constitue le deuxième pôle d'emplois de la région métropolitaine après le centre-ville de Montréal. L'arrondissement accueille quelque 108 000 travailleurs et travailleuses, soit un nombre pratiquement égal à celui de sa population.

Ce qu'il faut savoir

Le tissu urbain de Saint-Laurent s'est profondément transformé au cours des dernières décennies, notamment grâce à des projets d'aménagement structurants. Le projet Bois-Franc, inauguré le 6 août 1993, s'est implanté sur l'ancien terrain de l'aéroport de Cartierville et offre aux résidents une qualité de vie exceptionnelle, en raison de la présence de nombreux espaces verts, de commerces et de services à proximité, ainsi que de sa situation géographique privilégiée près des grands axes routiers. Le quartier Nouveau Saint-Laurent, adjacent à Bois-Franc, a amorcé son développement au début des années 1990 sur d'anciennes fermes et le terrain de golf Challenger, et on y retrouve une grande diversité de bâtiments résidentiels, allant de la copropriété aux vastes maisons individuelles luxueuses.

L'offre d'infrastructures récréatives et culturelles témoigne de l'attention portée à la qualité de vie. L'arrondissement dispose d'un complexe sportif, d'un centre des loisirs, d'un aréna, de 15 patinoires et ronds de glace, de 3 bibliothèques, de 47 parcs et squares, de 15 jeux d'eau, de 8 piscines extérieures, de 9 pataugeoires, de 30 jeux pour enfants, de 7 jardins communautaires, de 2 musées, de 2 institutions d'enseignement supérieur, de 55 km de pistes cyclables, de 2 stations de métro, de 3 stations de train et d'un bâtiment patrimonial. Saint-Laurent attire également 13 000 étudiants dans les deux cégeps sur son territoire, dont le Cégep de Saint-Laurent et le Cégep Vanier.

Le développement durable revêt une grande importance pour cette communauté qui est devenue, en janvier 2019, un territoire municipal durable. L'arrondissement possède le plus grand parc technologique au Canada, soit le Campus Saint-Laurent de Technoparc Montréal, qui renforce encore son attractivité économique.

Analyse

Le rythme des rues de Saint-Laurent est en mutation profonde, porté par une dynamique d'aménagement qui répond à la fois aux besoins d'une population croissante et aux aspirations d'une communauté multiculturelle. L'arrondissement, reconnu pour sa position géographique enviable et sa grande accessibilité au réseau autoroutier et aux transports collectifs, a accueilli quatre stations du nouveau Réseau express métropolitain (REM) en 2025. Cette infrastructure de transport collectif modifie substantiellement les flux de circulation et les modes de déplacement quotidiens des résidents.

L'analyse du développement urbain révèle une ville qui a su articuler plusieurs temporalités d'aménagement. Le quartier Cosmos, situé au sud-est du territoire laurentien et délimité par l'avenue Sainte-Croix à l'ouest, l'autoroute Métropolitaine au sud, et la voie ferrée du CN au nord et à l'est, a vu le jour en 1949 et comprend plus de 480 logements répartis en maisons unifamiliales et immeubles locatifs. Le parc Poirier y a été aménagé en 1954. Village Montpellier, situé aux abords de la gare de train Montpellier, s'est développé après 1975, et son emplacement, le long du boulevard Montpellier, correspond à celui de la toute première industrie à avoir fait son apparition à Saint-Laurent, celle de la pierre. De grands immeubles d'habitation en copropriété ont pris place sur l'ancienne carrière, illustrant la reconversion urbaine caractéristique de l'arrondissement.

Cette évolution urbaine s'inscrit dans un cadre provincial plus large. Les projets du Plan québécois des infrastructures (PQI) définissent les orientations en matière de planification, de gouvernance et de reddition de comptes pour les investissements publics. La Stratégie québécoise en infrastructures publiques vise à réaliser des infrastructures de qualité plus rapidement et à meilleur coût. Le tableau de bord interactif permet de suivre les projets d'infrastructure québécois de 20 millions de dollars et plus, tandis que la carte interactive donne accès à l'emplacement et aux détails des projets prévus au PQI.

Ce qui suit

Les transformations urbaines de Saint-Laurent continuent de façonner le quotidien de ses résidents. L'arrondissement, qui offre déjà une grande accessibilité aux principaux axes routiers et aux transports collectifs, a intégré en 2025 les quatre nouvelles stations du REM. Ces installations modifient les habitudes de déplacement et renforcent la connectivité entre les quartiers et le reste de la métropole.

La gouvernance des infrastructures publiques au Québec demeure un enjeu central pour les prochaines années. Les outils et documents liés à la gestion et à la planification des investissements en infrastructures sont mis à disposition pour assurer la transparence et l'efficacité des projets. La reddition de comptes sur les projets d'infrastructure accélérés fait l'objet de mesures spécifiques qui garantissent le suivi rigoureux des engagements publics.

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