
Le Plateau-Mont-Royal, un quartier en mouvement
Les citoyens s'unissent pour préserver l'identité du quartier
Contexte
Situé sur le versant est du mont Royal, sur un plateau surplombnant le centre-ville de Montréal, l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal s'étend sur 8,1 kilomètres carrés et accueille 105 813 habitants selon les données de 2021, soit une densité de 13 063 habitants au kilomètre carré. Cette population, dont l'âge moyen est de 37,8 ans, vit majoritairement en locatif (72,1 %) et forme des ménages de 1,8 personne en moyenne. Le profil socio-économique se distingue par un niveau de formation élevé : 87,2 % des personnes âgées de 25 à 64 ans détiennent un diplôme collégial ou universitaire, tandis que 69,5 % des résidents de 15 ans et plus utilisent des modes de transport actifs ou collectifs. La valeur médiane d'une propriété s'établit à 560 000 $.
L'arrondissement, l'un des 19 arrondissements de la Ville de Montréal, se caractérise par un tissu urbain dense et varié qui regroupe plusieurs quartiers distincts. Le Plateau-Mont-Royal, le Mile End, Milton-Parc, le Petit Laurier et le secteur du Plateau Est composent chacun une identité propre, tout en partageant une vision commune du mieux vivre en ville.
Ce qu'il faut savoir
Au-delà de son attrait touristique et culturel, le Plateau-Mont-Réal offre une vision audacieuse du mieux vivre en ville qui repose sur la création de quartiers complets où l'on peut vivre, travailler et se divertir. Cette approche d'urbanisme intégrateur privilégie une diversité de commerces, de services et d'emplois, ainsi qu'une vie sociale et culturelle foisonnante. Les aménagements mis de l'avant visent à favoriser les déplacements actifs et sécuritaires, les îlots de fraîcheur et les lieux de rencontre.
Cette vision se concrétise dans des quartiers emblématiques. Le secteur Saint-Viateur Est, situé dans le Mile End, témoigne d'une transformation économique remarquable : le nombre d'emplois y est passé de 7 500 à 13 000 entre 2012 et 2016, pour compter aujourd'hui quelque 600 entreprises et plus de 5 700 résidents. Le secteur du Plateau Est, quant à lui, fait l'objet d'un processus de consultation ayant permis de développer une vision de renouveau du territoire et des abords des voies ferrées, reposant sur une consolidation de la vocation économique et l'émergence de milieux de vie, de travail, d'étude et de création accessibles, durables et sécuritaires.
Les infrastructures vertes et récréatives constituent un pilier de cette stratégie. Le territoire compte 83 parcs, places et espaces verts, 18 147 arbres publics, quatre piscines intérieures, deux piscines extérieures, huit jeux d'eau, deux arénas, treize patinoires extérieures, une maison de la culture, deux bibliothèques et 175 cafés-terrasses. Trois rues piétonnes et onze placottoirs complètent le réseau de mobilité douce.
Le projet d'aménagement de la place Gérald-Godin propose d'étendre les limites de l'îlot piétonnier actuel pour créer un lieu rassembleur et audacieux autour du métro Mont-Royal, au cœur de l'arrondissement. Cette initiative s'inscrit dans une logique de densification intelligente et de revitalisation des pôles de transport en commun.
Analyse
L'urbanisme du Plateau-Mont-Royal se distingue par une approche participative qui associe étroitement les citoyens aux transformations du territoire. Le quartier de Milton-Parc illustre cette dynamique : les grandes demeures de pierre grise ont été sauvées de la destruction grâce au mouvement de contestation populaire des années 1970 et 1980, qui a mené à la création du plus important projet de coopérative d'habitation en Amérique du Nord. Les citoyens ont également été à l'origine de la sauvegarde et de l'acquisition du jardin Notman par la Ville. Au Petit Laurier, un groupe de citoyens bénévoles enrichit et dynamise la vie de quartier grâce à des projets festifs et rassembleurs, tels que des pique-niques de rue ou la projection de films en ruelle.
Cette mobilisation citoyenne s'articule avec un cadre provincial structurant. Les projets du Plan québécois des infrastructures (PQI), les méthodes de gestion, les outils de planification et de suivi, ainsi que les informations liées à la gouvernance et à la reddition de comptes, constituent l'encadrement dans lequel s'inscrivent les transformations urbaines locales. La Stratégie québécoise en infrastructures publiques vise à réaliser des infrastructures de qualité plus rapidement et à meilleur coût, tandis qu'un tableau de bord interactif permet de suivre les projets de 20 millions de dollars et plus.
L'arrondissement se positionne ainsi à l'intersection de trois échelles de décision : les initiatives de quartier portées par les citoyens, la planification municipale et la gouvernance provinciale des infrastructures. Cette articulation multi-niveaux explique en partie la capacité du Plateau-Mont-Royal à maintenir un équilibre entre densité, qualité de vie et dynamisme économique. Les chiffres clés révèlent une population bien éduquée, fortement utilisatrice des transports collectifs et actifs, ce qui soutient la viabilité des politiques de mobilité durable.
Ce qui suit
Les orientations urbanistiques du Plateau-Mont-Royal continueront de se traduire par des projets d'aménagement ciblés. La concertation et la consultation des dernières années ont déjà permis de développer une vision de renouveau pour le secteur du Plateau Est et les abords des voies ferrées, orientant le développement vers des milieux accessibles, durables et sécuritaires. Le projet de la place Gérald-Godin, qui vise à étendre l'îlot piétonnier autour du métro Mont-Royal, représente une étape concrète de cette transformation.
La consolidation de la vocation économique du secteur, couplée à l'émergence de nouveaux milieux de vie et de travail, devrait poursuivre la transformation de zones autrefois industrielles en quartiers complets. Le secteur Saint-Viateur Est, qui a déjà doublé son nombre d'emplois en quatre ans, illustre la trajectoire vers laquelle l'arrondissement s'oriente.
Dans ce contexte, le cadre provincial des infrastructures publiques demeure un levier essentiel. Le Plan québécois des infrastructures, la Stratégie québécoise en infrastructures publiques et les mécanismes de reddition de comptes définissent les conditions dans lesquelles les investissements municipaux peuvent se concrétiser. L'arrondissement, qualifié par la Ville de Montréal d'« inspiré et inspirant », continue d'incarner une vision où l'urbanisme sert directement la qualité de vie.
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