
Longueuil mise sur la mobilité douce, mais les défis persistent
La ville de Longueuil poursuit ses efforts pour développer des infrastructures de mobilité douce, mais les résidents demeurent sceptiques
Contexte
Située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à Montréal, Longueuil est la deuxième ville de la province en importance démographique. La municipalité compte environ 560 000 habitants répartis sur une superficie de 131,1 km², ce qui lui confère une densité de population d'environ 4 300 habitants au kilomètre carré. Cette concentration urbaine génère des besoins importants en matière de déplacements quotidiens, particulièrement dans un contexte où la mobilité douce gagne en popularité auprès des résidents.
La ville s'est structurée autour de trois arrondissements principaux : Vieux-Longueuil, Saint-Hubert et Greenfield Park. Chaque secteur présente des réalités différentes en termes d'infrastructures et de besoins en transport. Vieux-Longueuil, situé près du métro, bénéficie d'une accessibilité particulière, tandis que les arrondissements périphériques comme Saint-Hubert et Greenfield Park nécessitent davantage de solutions de mobilité alternative.
La Ville de Longueuil propose à ses 3 300 employés un milieu de travail stimulant et une grande variété de possibilités professionnelles. Cette masse salariale importante représente un bassin significatif de déplacements quotidiens vers les bureaux municipaux, contribuant ainsi à la pression sur les réseaux de transport locaux.
Ce qu'il faut savoir
Dans le cadre de son Programme triennal d'immobilisations (PTI) 2027-2028-2029, la Ville de Longueuil a placé le maintien des actifs et les investissements responsables au cœur de ses priorités budgétaires. Bien que le document ne détaille pas spécifiquement les montants alloués à la mobilité douce, cette orientation stratégique laisse entendre que les infrastructures de transport actif font partie des investissements retenus par l'exécutif municipal.
Un autre signal fort émane du partenariat annoncé entre la Ville de Longueuil et la société Soverdi, qui prévoit la plantation de 125 000 arbres supplémentaires d'ici 2040. Cette initiative de verdissement du territoire longeuillois s'inscrit dans une logique plus large d'aménagement urbain favorable à la marche et au vélo, en créant des corridors ombragés propices aux déplacements actifs.
À l'échelle provinciale, le gouvernement du Québec a développé un cadre de référence pour la mobilité durable. Le portail Transports du gouvernement du Québec offre des renseignements et services en ligne couvrant la sécurité routière, la signalisation, les aides financières et les infrastructures de transport. Parmi les orientations provinciales figurent l'électrification des transports et la mobilité durable, des thèmes qui influencent les politiques municipales en matière de transport actif.
Le réseau de transport collectif québécois constitue également un élément clé de l'écosystème de mobilité. Les Québécois peuvent découvrir les nombreux avantages de se déplacer en transport collectif et planifier leurs trajets grâce aux outils mis à leur disposition. Pour Longueuil, cela inclut notamment l'accès au métro de Montréal, qui dessert Vieux-Longueuil et constitue un maillon essentiel du réseau de transport régional.
Analyse
L'analyse des initiatives de mobilité douce à Longueuil révèle une municipalité en transition, tiraillée entre les ambitions de modernisation et les contraintes structurelles d'une ville de taille moyenne. Le programme de verdissement de 125 000 arbres d'ici 2040, bien qu'il ne s'agisse pas d'un projet de mobilité en soi, contribue indirectement à rendre les déplacements à pied et à vélo plus agréables et sécuritaires. Cette vision à long terme contraste avec les réalités quotidiennes des résidents qui cherchent à se déplacer de manière active dès aujourd'hui.
Le PTI 2027-2028-2029, en privilégiant le maintien des actifs, suggère que la Ville de Longueuil entend préserver les infrastructures existantes plutôt que d'entreprendre de vastes transformations. Cette approche prudente peut expliquer pourquoi certains projets de mobilité douce avancent lentement : la rénovation des trottoirs, l'entretien des pistes cyclables et l'amélioration de la signalisation piétonne nécessitent des investissements réguliers qui concurrencent d'autres priorités municipales.
Au niveau provincial, le gouvernement du Québec a établi un cadre de référence qui reconnaît la diversité des modes de déplacement. Le portail Transports couvre les règles et conseils pour tous les véhicules, y compris le vélo et la marche à pied, ainsi que la signalisation routière applicable à ces usagers. Cette reconnaissance institutionnelle des modes actifs au sein d'un cadre législatif plus large constitue un soutien important pour les municipalités comme Longueuil qui souhaitent développer leur réseau de mobilité douce.
Les défis de Longueuil en matière de mobilité douce s'expliquent en partie par sa géographie urbaine. Avec une densité de 4 300 habitants au kilomètre carré, la ville présente un tissu urbain mixte qui peut favoriser la marche, mais dont l'étalement dans les arrondissements périphériques rend plus complexe la création de réseaux continus de pistes cyclables. La distance entre les arrondissements de Saint-Hubert et Greenfield Park, d'une part, et le centre-ville de Vieux-Longueuil, d'autre part, nécessite des solutions de transport interarrondissements efficaces.
Le contexte québécois ajoute une dimension supplémentaire aux enjeux de mobilité. Le gouvernement provincial met l'accent sur l'électrification des transports et la mobilité durable, offrant des aides financières pour l'acquisition de véhicules électriques et de bornes de recharge. Ces incitations, bien qu'essentielles, concernent principalement le transport motorisé et ne résolvent pas directement les besoins en infrastructure pour les modes actifs.
Ce qui suit
Les prochaines années s'annoncent déterminantes pour la mobilité douce à Longueuil. Le PTI 2027-2028-2029, actuellement en cours de mise en œuvre, fixera le cap des investissements municipaux pour les trois prochaines années. Les citoyens et les groupes de défense de la mobilité active attendent avec intérêt les détails de ce programme, qui devrait préciser les montants alloués aux infrastructures de transport actif.
Le calendrier de plantation de 125 000 arbres d'ici 2040, signé par la Ville de Longueuil et Soverdi, constituera un levier important pour l'aménagement de corridors verts favorables aux déplacements actifs. La coordination entre ce projet de verdissement et les travaux d'infrastructures de mobilité douce restera un enjeu clé pour les années à venir.
Au niveau provincial, le cadre de référence du gouvernement du Québec continuera d'influencer les politiques locales de transport. Le portail Transports, dont la dernière mise à jour remonte au 13 juillet 2026, reste la référence principale pour les municipalités qui souhaitent s'aligner sur les orientations provinciales en matière de mobilité. Les changements apportés à la signalisation routière, aux règles de circulation et aux aides financières pourraient affecter les stratégies de Longueuil en matière de mobilité douce.
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