La sécurité alimentaire, un défi croissant à Terrebonne
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La sécurité alimentaire, un défi croissant à Terrebonne

Les citoyens de Terrebonne s'inquiètent de l'accès aux aliments frais et abordables

Par Youness Haji, Journaliste

Contexte

Chef-lieu de la MRC des Moulins dans la région de Lanaudière, Terrebonne est une ville de 119 944 habitants selon le recensement de 2021, pour une superficie de 158,46 kilomètres carrés et une densité de 757 habitants au kilomètre carré. Fondée en 1673 par André Daulier-Deslandes et constituée en ville le 27 juin 2001, la municipalité s'étend sur un territoire qui accueille aujourd'hui une population dense et diversifiée. Cette réalité démographique et géographique place la ville face à des enjeux de proximité et d'accès aux ressources qui dépassent le cadre des loisirs et de l'environnement.

L'actualité récente de Terrebonne met en lumière une municipalité active sur le plan culturel et social. Du 4 juin au 22 août 2026, le festival POP ton été animera tous les secteurs de la ville avec une programmation entièrement gratuite, incluant spectacles musicaux, soirées d'humour et fêtes familiales. La ville organise également des événements comme le Tournoi de hockey des pompiers pour les grands brûlés et la Virée su'ltop au parc René-Lévesque. Sur le plan environnemental, Terrebonne a offert deux nouvelles subventions environnementales à ses citoyens le 15 juillet 2026, et utilise une mosaïculture pour sensibiliser à la préservation de l'eau. La première ouverture au public du parc nature du Boisé à Terrebonne a eu lieu le 15 juillet 2026.

Ces initiatives témoignent d'une volonté municipale de répondre aux besoins de sa population. Mais derrière les activités culturelles et les projets verts se profile un enjeu plus fondamental : celui de garantir l'accès à une alimentation suffisante et de qualité pour l'ensemble des résidents.

Ce qu'il faut savoir

La sécurité alimentaire constitue un enjeu majeur à l'échelle de la région métropolitaine. Moisson Montréal, organisme à but non lucratif qui récupère gratuitement des dons de nourriture et les redistribue à des organismes communautaires de l'île de Montréal, a distribué 187 millions de dollars en valeur de denrées en 2024-2025. Chaque dollar donné permet de redistribuer plus de 15 dollars de nourriture. Le réseau de Moisson Montréal dessert 292 organismes communautaires sur l'île de Montréal et nécessite la présence de 53 bénévoles chaque jour pour fonctionner. Il comble 1 101 876 demandes d'aide alimentaire chaque mois à travers son réseau.

Ces chiffres illustrent l'ampleur de la demande en denrées alimentaires dans la région. Pour Terrebonne, située à quelques kilomètres de Montréal, ces données prennent une résonance particulière. La ville dispose d'un programme d'aide, soutien et subventions destiné à soutenir sa population, avec des volets spécifiques pour les aînés, les nouveaux arrivants, les artistes, les athlètes et les personnes handicapées. Ces dispositifs constituent un premier maillon de réponse aux besoins alimentaires de la population terrebonnoise.

À l'échelle provinciale, la situation se précise. Le réseau des Banques alimentaires du Québec répond à plus de 3,1 millions de demandes chaque mois. Le Bilan-Faim 2025 révèle que l'insécurité alimentaire au Québec ne faiblit pas, mais continue plutôt de gagner du terrain. Le nombre de demandes auxquelles répond chaque mois le réseau de BAQ franchit pour la première fois les trois millions, un chiffre qui reflète une pression persistante sur le réseau.

Le réseau compte 34 membres régionaux, dont Moisson et associés, qui desservent 1 400 organismes communautaires locaux affiliés, soutenant 600 000 personnes uniques chaque mois. Ces données provinciales éclairent la réalité de la sécurité alimentaire à Terrebonne, où la proximité de Montréal et les liens avec le réseau de Moisson Montréal créent à la fois des opportunités d'accès et des dépendances structurelles.

Analyse

L'analyse de la sécurité alimentaire à Terrebonne révèle une situation complexe, marquée par la tension entre une demande croissante et des ressources qui peinent à suivre. Le fait que le réseau des Banques alimentaires du Québec ait franchi pour la première fois la barre des trois millions de demandes mensuelles constitue un signal clair : l'insécurité alimentaire n'est pas un phénomène marginal, mais une réalité qui touche des centaines de milliers de Québécois. Le Bilan-Faim 2025 confirme cette tendance inquiétante, soulignant que la situation ne s'améliore pas.

Pour Terrebonne, cette dynamique se traduit par des réalités concrètes. Avec une population de près de 120 000 habitants, la ville abrite un nombre significatif de ménages confrontés à l'insécurité alimentaire. La densité élevée de 757 habitants au kilomètre carré accentue les enjeux d'accès physique aux ressources alimentaires, notamment pour les populations vulnérables : aînés isolés, nouveaux arrivants, familles monoparentales.

Le rôle de Moisson Montréal dans cette équation est déterminant. En tant que banque alimentaire distribuant le plus de denrées au Canada, l'organisme comble plus d'un million de demandes d'aide alimentaire chaque mois sur l'île de Montréal. Cette capacité de redistribution massive repose sur un écosystème de 292 organismes communautaires et sur le bénévolat quotidien de 53 personnes. Pour Terrebonne, cela signifie que les citoyens peuvent compter sur un réseau solide, mais aussi que la sécurité alimentaire locale dépend fortement de la mobilisation de ressources extérieures.

Les initiatives municipales de Terrebonne, comme les subventions environnementales et le développement du parc nature du Boisé, contribuent indirectement à la sécurité alimentaire en favorisant une prise de conscience écologique et en créant des espaces de proximité. La mosaïculture utilisée pour sensibiliser à la préservation de l'eau illustre cette approche intégrée. Cependant, ces efforts doivent être complétés par des actions plus directes ciblant spécifiquement l'accès à la nourriture.

Ce qui suit

Face à ces constats, les prochaines étapes pour Terrebonne impliquent une articulation plus étroite entre les politiques municipales et le réseau provincial d'aide alimentaire. Le fait que les Banques alimentaires du Québec comptent 34 membres régionaux desservant 1 400 organismes communautaires locaux suggère que des partenariats existants peuvent être renforcés. La ville pourrait jouer un rôle de catalyseur en facilitant l'accès de ses résidents à ces réseaux, notamment par la promotion de ses programmes d'aide existants.

Les événements culturels et sportifs organisés par la ville, comme le festival POP ton été ou le Tournoi de hockey des pompiers, offrent des occasions de sensibilisation à la sécurité alimentaire. Intégrer des messages sur l'importance de la solidarité alimentaire dans ces rassemblements pourrait contribuer à réduire la stigmatisation associée à l'aide alimentaire.

À l'échelle de la région, la croissance du réseau de Moisson Montréal, qui a distribué 187 millions de dollars en denrées en 2024-2025, témoigne d'une capacité de mobilisation croissante. Pour Terrebonne, l'enjeu consiste à s'assurer que cette capacité profite pleinement à ses résidents, en particulier ceux qui se trouvent en périphérie de l'île de Montréal.

La sécurité alimentaire à Terrebonne reste un chantier en cours, où municipalité, organismes communautaires et réseau provincial devront continuer de collaborer pour répondre à une demande qui, selon le Bilan-Faim 2025, ne cesse de croître.

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