Théâtre

Sappho fait briller le Quat’ Sou

J’entends chanter bonne fête dans les toilettes. Nous sommes le 8 mars, au Quat’ Sou, et c’est la première de Sappho. Je n’y suis pas retournée depuis À quelle heure on est morts ? quelques mois plus tôt. La pièce commence bientôt. Je m’assois aux côtés de mes deux ami.e.s pour assister à un spectacle que j’attends depuis longtemps. Le décor m’enveloppe de sa tendresse, et je sens, dans la salle, une anticipation contenue.

L’univers

Dès le premier mot, je sais que mes attentes seront comblées. Pourtant, elles étaient grandes. Muriel Dutil se délecte de chaque lettre du mot « lesbienne », à la fois amoureuse et provocante. La fierté avec laquelle les cinq femmes le portent sur scène a éveillé la mienne. Un grand merci à Marie-Ève Milot et à Marie-Claude Saint-Laurent, co-autrices, qui normalisent et donnent tout leur sens aux mots comme « amantes », « muses » et « compagnes », qui font du bien à entendre. Je suis une grande fan de l’univers théâtral des autrices de Chienne(s), produit en 2018 au CTDA. Marie-Ève Milot dirige aussi la mise en scène du spectacle, ce qui promet une vraie plongée dans l’univers de la pièce. Nous assistons au quotidien de l’entourage de Denise, à la recherche de la vraie Sappho, cachée quelque part dans les mille papiers qu’elle a laissés. Une véritable analyse de la poétesse, qu’on voudrait relire en condensé, accompagnée d’un jeu de projections et d’images délicates conceptualisées par Alix Mouysset.

Photo: Adil Boukind / Le Devoir

La scène

Je me suis immédiatement sentie chez moi parmi le groupe de comédiennes. Comme si j’avais, moi aussi, rendu visite à Denise à un moment ou à un autre. Tout en subtilité, c’est dans les petits sourires, les regards, bref, la complicité de la troupe que l’interprétation est la plus forte. Cheveux blancs et noirs s’apprivoisent, quelle belle manière de célébrer cette journée internationale des droits des femmes. L’aisance, la familiarité de Muriel Dutil avec la scène concrétisait l’attachement du personnage à cet appartement en ruines. C’est elle qui tend les mains aux autres comédiennes pour un dernier salut, vivement demandé par le public qui s’est levé d’un coup pour les applaudir. Merci aux comédiennes, Florence Blain Mbaye, Nathalie Claude, Muriel Dutil, Katia Lévesque et Alix Mouysset, pour l’éclat qu’elles donnent aux couleurs de chaque personnage.

Il est encore temps de vous procurer des billets ici. La pièce est présentée jusqu’au 2 avril, ne manquez pas votre chance !

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