Musique

Émile Bilodeau présente son troisième album petite nature

Lundi 13 septembre. Émile attendait son public pour 18h00 avec l’intention de lancer son tout dernier album dans l’univers. Une première à laquelle était conviés amis et médias pour découvrir petite nature, un regroupement de 15 titres tout aussi pertinents les uns que les autres.

En ce vendredi 17 septembre, l’album est enfin disponible sur toutes les plateformes numériques et en vente physique. J’avais hâte! Hâte que vous puissiez découvrir la justesse d’Émile Bilodeau, encore une fois, mais au travers des titres d’actualité et qui reflètent à la perfection, entre autres, ces derniers mois de pandémie et d’isolement.


« C’est clairement mon album le plus sombre. Ça parle d’isolement, de crises sociales, de peine d’amour, de dépression, d’hiver. Ça allait un peu de soi avec l’année qu’on a vécue chacun de son bord tout seul. »

— Émile Bilodeau

Un album intelligent

Bien que les sujets abordés sur ce troisième disque puissent paraître sévères ou empreints de négatif, c’est le contraire. C’est plutôt comme une sorte de célébration, une sorte de connexion avec la musique d’Émile. Difficile de ne pas se sentir interpelé par ses paroles. Que ça nous concerne nous, notre père, notre sœur, notre voisin… L’auteur-compositeur-interprète a su mettre les mots de façon brillante sur les émotions et les tourments qui ont habité des milliers de Québécois depuis une certaine journée de mars en 2020. À ceci s’ajoute des pièces qui portent sur le climat, le cannabis et aussi le racisme.

Parlant de racisme, gros coup de cœur pour Je me souviens. Chanson qui met notamment sous le spotlight Georges Floyd et Joyce Echaquan. Un texte amené avec une grande intelligence et une empathie poignante pour autrui. Un bel hommage que de marqué le nom de Joyce à tout jamais dans une chanson qui tournera encore et encore, pour que jamais on oublie.


« Je me souviens très bien / du meurtre de l’afro américain / couché à terre / qui faisait rien / avec un genou dans nuque / pendant quasiment 10 minutes / étouffé par un blanc / un grand flic de pute. […] Vous êtes vous déjà demandé / c’était quoi d’être un privilégié / dans notre société? […] Je me souviens très bien / d’une femme / qui filme la fin de sa vie / attachée à son lit d’hôpital / traitée comme une osti d’animal / le nom de cette femme / c’est Joyce Echaquan. »

— Je me souviens, Émile Bilodeau

Mention également pour Ma maladie mentale. Chanson dédiée aux jeunes qui n’ont pas pu frencher dans la dernière année, souligne le chanteur sur scène, le sourire aux lèvres. Blague à part. Combien de personnes struggle présentement avec cette bébitte-là qui s’est invitée entre nos deux oreilles, hein? « Ma maladie mentale / esti que c’est pas génial / Si j’avais eu mal dans le pied / on aurait pu me le couper / mais là c’est que la bête / elle vie dans ma tête / pis ça on peut pas me l’amputer / pis c’est drette ça qui me fait chier. » Un texte qui crie l’incompréhension devant laquelle on se retrouve, parce qu’on est « malade », mais on n’a pas physiquement mal.

Un lancement qui a déplacé de l’air!

C’est accompagné de sept musiciens extraordinaires que Bilodeau s’est donné en spectacle au La Tulipe à Montréal. On a eu accès à un Émile heureux de retrouver son monde et qui n’a pas perdu en intensité scénique, malgré l’année et demi passé sur le banc à attendre que passe le temps. Vibrant et bouillant : voilà ce qui défini le spectacle auquel on a eu droit!

Entre les performances, l’humour et la réflexion étaient également au rendez-vous, question de rester fidèle aux habitudes et à la personnalité de l’interprète.

À retenir

Avec cet album, Émile Bilodeau est un peu comme le porte-parole de toutes les injustices qu’on a pu voir, entendre ou subir. Un grand frère qui se porte garant pour dénoncer tout haut nos inconforts de société paralysée. Petite nature est définitivement un album à se procurer ne serait-ce que pour plonger dans l’univers magique, mais réaliste, du raconteur impliqué qu’est Émile, ou même tout simplement pour se sentir compris l’instant d’une quinzaine de chansons. Des textes empathiques et intelligents, brillamment livrés. Politique, racisme, crise climatique, amour et santé mentale… Un programme assez complet et percutant. Une bonne main d’applaudissements pour Émile Bilodeau et tous les humains derrière ce bijou musical!

Achetez petite nature — CD physique

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