On bouquine

[Entrevue] Marie-Christine Chartier : « Écrire des romans, c’était mon rêve de vie »

« God, elle aime tellement ça, ça en est inspirant! » que je me suis dite après avoir discuté avec l’auteure Marie-Christine Chartier. Par son énergie, je pouvais déceler le sourire qui décorait son visage à l’autre bout du fil. Une vraie passionnée : elle déguste chaque étape du processus littéraire engendré par ses romans avec amour et puissance. De la rédaction à l’édition, puis des salons du livre jusqu’aux entrevues, Marie-Christine Chartier vibre au rythme de ses lecteurs qui dévorent chacun de ses mots; chacun de ses romans. Rencontre avec une femme audacieuse, logique et complètement attachante.

Marie-Christine Chartier a présenté son premier roman, L’allégorie des truites arc-en-ciel, en 2018 auprès des Éditions Hurtubise (où tous ses romans sont publiés, d’ailleurs). On y découvrait une amitié colorée, haute en tensions et en non-dits… On y découvrait Max et Cam pour la toute première fois. Le roman complet se déroule alors que les deux personnages s’aiment d’un amour qui semble impossible, de peur de briser quelque chose qui ne saurait être réparé. Ils finissent ensemble, obviously. Alors qu’ils croyaient que de s’avouer leurs sentiments et sauter à pieds joints dans une relation amoureuse c’était ça le plus compliqué, c’est qu’ils n’avaient pas encore expérimentés la vie à deux, qui perdurent au fil des ans. Tsé, la fameuse routine. Le quotidien. Le travail. Les obligations. Les ingrédients maudits qui peuvent venir à bout de plusieurs couples. Vous voyez de quoi je parle?

Donc trois ans plus tard, le 11 août 2021, l’auteure met au monde La floraison des nénuphars, qui se veut être la suite de l’histoire de Max et Cam, projetée dans une relation qui dure depuis quatre ans. Était-ce voulu? Était-ce prévu? Pas du tout. « Quand j’ai commencé à penser de quoi je veux parler pour mon prochain roman, je ne pensais pas initialement à Cam et Max. Je me disais ‘’qu’est-ce que je veux aborder?’’. J’ai parlé des amours qui naissent, des débuts de relations, des relations qui se terminent aussi. Je me disais ‘’comment un couple vieillit ensemble?’’. Et une fois que j’ai commencé à penser à ça, je trouvais que Max et Cam, ça pouvait tellement refléter beaucoup d’expériences que les gens vivent au travers de leur couple. Parce que [Max et Cam] c’est un couple auquel les lecteurs s’étaient déjà identifiés et je me disais que c’était un bon exemple de couple pour voir comment qu’on évolue ensemble, comment qu’on mature, comment nos priorités changent et tout ça » me raconte Marie-Christine avec tout l’enthousiasme du monde.

Un roman qui porte à réfléchir

De mon point de vue de lectrice, ce que j’ai principalement retenu après m’être plongé dans les 224 pages du roman, c’est l’importance de la communication dans un couple. Tout se dit, ça dépend juste de la façon de le dire. Mais il faut se parler pour que puisse survivre le couple, sans que celui-ci s’enfonce dans un tourbillon sans fin où le retour en arrière est quasi impossible. Faut croire que j’ai bien fait ma lecture, car l’auteure m’a expliqué que c’était le but que la communication soit leur démon à Max et Cam. « Dans le premier livre, la communication entre eux est pas top, et y’a plein d’affaires qu’ils améliorent avec le temps. Mais je trouvais ça le fun de leur trouver des défauts. Parce que même si en couple tu apprends à te connaître, tu grandis ensemble, tu développes; il y a des trucs des fois qui restent difficiles et pour eux c’est la communication. » Confession pour confession : à quelques reprises au fil de la lecture de La floraison des nénuphars, je parlais à voix haute à Cam, puis à Max, comme si ces personnages fictifs pouvaient sincèrement écouter mes conseils et que ça change le cours de leurs vies. « Mais parlez-vous seigneur! » que j’ai lâché à plusieurs reprises. Je suis une lectrice impliquée, que voulez-vous!

Autre point qui porte à réflexion dans ce quatrième roman de l’auteure : le besoin de Cam de se sentir désirée, d’être vue. Je n’entrerai pas dans les détails, je vous laisse découvrir les mots de Marie-Christine Chartier par vous-même; et ceux qui l’ont lu, vous saurez exactement de quoi je parle. Les questionnements de l’héroïne face à l’étranger qui lui accorde de l’importance, qui la fait sentir femme simplement par le regard et un intérêt à son égard, je mettrais ma main au feu que plusieurs personnes ont ressenti (ou ressentiront) ce sentiment au fil de leur vie de couple. C’est inévitable, après 5, 10, 15 ou 20 ans, l’étincelle ne peut pas être au rendez-vous à chaque seconde qui passe. On va se dire les vraies choses. Est-ce mal d’apprécier le regard qu’un autre porte sur nous? Comment explique-t-on cela? Comment vit-on avec cette culpabilité, mais ce feu bouillant au creux de nos reins? Le raisonnement de Cam à cet effet fait beaucoup de sens à mes yeux, et j’encourage les lecteurs à plonger dans ce roman en ayant l’esprit ouvert, et non simplement en faisant une lecture en surface. Le livre coûte 21,95$ et tu termines ta lecture avec des réflexions importantes sur ton couple, ou ta personne et tes désirs. C’est moins cher qu’une thérapie, et c’est beaucoup plus plaisant, je te le garanti!

Y a-t-il un peu de Marie-Christine en Cam?

Dans ce deuxième tome, le personnage de Cam s’est accompli professionnellement en œuvrant dans le domaine littéraire. Un roman et des contrats de réaction à la pige plus tard, elle se sent enfin à sa place et s’épanouit derrière son rôle d’auteure. Au fil que les pages passaient et qu’on découvrait certains aspects du processus de création littéraire de Cam, comme probablement plusieurs lecteurs et lectrices, j’ai fait un parallèle avec Marie-Christine Chartier. Effectivement, cette dernière a eu envie de transposer dans le personnage toute la positivité que le rôle d’auteure lui procure, à elle. Mais attention, ça ne fait pas de Cam une copie conforme de Marie-Christine. « Ce n’est pas de l’autofiction. Je suis ne suis pas Cam, je n’ai pas eu un Max. Mais je crois que c’est le roman où je me suis le plus laissé aller creuser dans mes expériences personnelles, ou laisser sortir certaines opinions ou pensées. C’était pas planifié. Mais en me relisant, je pouvais constater qu’il y avait beaucoup de moi; autant dans Max que dans Cam, en fait. Ça été ça aussi avec le premier roman. Le premier roman, beaucoup de mes amis m’ont dit qu’ils me voyaient beaucoup dans Max. Pis je pense que dans le dernier, c’était plus dans Cam », clarifie l’auteure alors que je lui fais part de mes réflexions entre elle et Cam.

Curieuse de découvrir en quoi ses amis ont perçu de sa propre personne en Max dans le premier roman, je n’ai pu m’empêcher de lui poser la question. La confiance et le petit côté cocky du personnage, c’est ce qui émerge en premier. Puis comme seconde raison, tous les questionnements et insécurités que peut cacher la facette confiante. Étant ailleurs amoureusement et sentimentalement au moment de taper L’allégorie des truites arc-en-ciel en 2017, les questionnements de Max rejoignaient en quelque sorte l’auteure. « Quand on apprend à me connaître, on voit que j’ai beaucoup de questionnements, beaucoup de remises en questions. » Mais pour revenir à nos moutons avec Cam qui se veut maintenant auteure, Marie-Christine s’est beaucoup amusée avec ça : « Découvrir c’est quoi être auteure; j’ai laissé le personnage jouer un peu avec ça. C’est des choses que moi j’ai apprises dans les dernières années; comment publier un roman, comment on fait ça, comment on fait la promotion, etc. J’ai un peu soufflé ça au personnage de Cam, en lui laissant vivre ce rêve-là. C’est sûr que j’ai puisé dans mes expériences à moi, car c’est encore nouveau. »

#12août

Impossible de clore ceci sans mentionner que suite au mouvement « Le 12 août, j’achète un livre québécois », Marie-Christine Chartier s’est retrouvée à trois positions distinctes dans le Top 100 des livres les plus vendus. On y retrouve L’allégorie des truites arc-en-ciel, La floraison des nénuphars et Le sommeil des loutres. Un gage d’appréciation du lectorat qui ne passe pas inaperçu auprès de l’auteure : « Ça me dit juste que je suis à la bonne place. Écrire des romans, c’était mon rêve de vie » témoigne l’auteure. À pareille date en 2020, deux de ses romans s’étaient également frayés un chemin dans ce même palmarès : L’allégorie des truites arc-en-ciel et Tout comme les tortues.

Tant qu’à lancer des fleurs, sachez que La floraison des nénuphars figurent parmi Les 12 livres les plus achetés pour le #12 Août 2021 à la Librairie de Verdun. Pas étonnant que 48 heures après sa publication, le roman partait en réimpression! Tant mieux, car l’auteure m’a confié que lorsqu’un de ses romans connaît un succès, ça lui donne le souffle qu’il lui manque pour puiser l’inspiration nécessaire pour un nouveau roman… En route pour un cinquième bouquin!

Le mot de la fin…

Je terminerais ces lignes en vous invitant à plonger dans l’univers de Max et Cam si ce n’est pas déjà fait! Une lecture attachante, intelligente et bien ficelée vous attend. La plume de Marie-Christine saura vous charmer, assurément! Et au cas où vous vous le demandiez, les chances qu’on les retrouve éventuellement me semblent minces : « C’est vraiment pas dans mes plans. Je suis heureuse où je les laisse. Je suis à l’aise de les laisser vivre leurs vies. » – Marie-Christine Chartier

Pour faire l’achat de La floraison des nénuphars, lire le résumé ou même un extrait, cliquez ici.

Merci à Marie-Christine Chartier et aux Éditions Hurtubise.

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