Musique

[ENTREVUE] La vague Dave Harmo !

Entre les lunchs, la vaisselle, le ménage et toutes autres tâches d’un papa un soir de semaine, Dave Harmo m’a accordé quelques minutes pour qu’on discute. Au bout du fil, j’ai perçu un gars zen et qui, pour sa carrière musicale, n’en veut pas trop à la COVID-19 et la pause imposée, contrairement à bien des gens en ce moment. 

En août dernier, Dave Harmo a sorti son deuxième album, qui s’intitule Plâtrer les trous de mémoires. La préparation de cet opus a été interrompue par la pandémie, comme bien des projets dans l’industrie. Alors qu’on pourrait croire à une frustration, voire une déception, c’est plutôt l’inverse pour Dave. « Dans mon cas, contrairement à d’autres, ça été bénéfique. Dans le sens où j’ai eu le temps de m’asseoir pis de finir des chansons. » m’a-t-il dit. Automatiquement, j’ai pensé à la pièce On est tous pareil, dans laquelle il fait mention du confinement. Ça rend le tout encore plus d’actualité.

Sans lancement mais pas sans récompense

Malgré que cette pause lui a servi pour terminer ses chansons, sortir un album en pleine pandémie, sans lancement, sans public, ça peut être déstabilisant. A-t-il hésité à sortir son album maintenant? « J’ai pas hésité. J’ai réfléchi, mais j’ai pas hésité. » dit celui qui souligne que s’il n’avait pas présenté ça maintenant au public, il ne l’aurait probablement pas fait avant des années. Après tout, on a vu le début de la COVID-19, mais on n’est pas prêt de voir la fin. Il faut dire qu’une semaine après sa sortie, son extrait Va-t’en pas est entré sur les ondes de CKOI. Ensuite, c’est le réseau Énergie qui s’est mis de la partie. Dave s’est même mérité le titre future star iHeartRadio à Énergie 94,3. Pour reprendre ses mots: ça, c’est une belle vague! «  Je suis vraiment fier de ça! […] C’est un honneur et quand même touchant. Surtout dans le contexte actuel, ça donne un bon air d’aller. » dit celui dont son extrait radio a été propulsé et entendu dans les radios jusqu’au Nouveau-Brunswick, les Îles de la Madeleine et en Alberta. Une telle ascension en si peu de temps, c’est suffisant pour semer le moindre doute qui pouvait planer en sortant un album à l’aire où les concerts sont inexistants. 

« Je m’ennuie du public. » m’a confié Dave Harmo, alors que je lui ai demandé comment c’est de sortir un album sans lancement et sans proximité avec ses fans. Il reste toutefois positif et créatif, en se disant que le temps qu’il aurait investi sur la préparation d’un lancement, il peut le mettre sur d’autres médiums qui lui serviront également à partager sa musique. « [Mon temps] je l’investis beaucoup sur les réseaux sociaux, la promo, le contact avec les journalistes et les relations de presse, parce que je me dis que pour une couple d’années, ça risque d’être ça l’avenir de la diffusion de nos affaires. » 

Celui qui enseigne également la musique au secondaire se considère extrêmement chanceux. Grâce à l’enseignement, il a pu garder la tête hors de l’eau lorsque la première vague a frappé. Il est conscient que pour certains, qui avaient bûché pour se forger une carrière stable au cours des 10, 20, 30 dernières années, ça a été autrement. « J’ai beaucoup d’amis qui l’ont pas facile. […] J’ai un revenu autre que musical. C’est ça qui m’a permis de continuer en fait. » admet-il. 

D’ordinaire à extraordinaire

« Quand j’écris mes chansons à moi, souvent c’est inspiré de vraies personnes et de vraies histoires. Quand j’écris, j’essaie d’aller chercher l’extraordinaire dans les histoires qui ont l’air banales. Par exemple, pour moi la mère monoparentale qui a trois enfants, qui a quatre jobs, qui essaie de s’en sortir, je trouve ça extraordinaire. J’essaie d’aller puiser l’inspiration dans de vraies personnes, de vrais moments qui sont arrivés. En enseignement, on voit passer plein de types de famille, et parfois ça inspire. On part pas tous de la même place. » m’explique Dave Harmo, lorsque je lui demande si ses textes sont toujours inspirés de son quotidien. Il renchérit: « Dans les écoles, on va se le dire, ce qu’on voit souvent c’est que le père s’est poussé, y reste la mère, avec les enfants, qui se démène… C’est un peu l’histoire de ma mère avec moi. Ça, ça m’a beaucoup inspiré. C’est une situation qui se répète à travers le temps. J’avais envie d’en parler. » me confit-il à propos de la pièce Comment t’as fait.

Lorsqu’on tend une oreille attentive aux textes de Dave Harmo, on entend tout de suite un auteur qui s’amuse avec les mots, les métaphores, et les tournures de phrases. On ressent cette franchise et ce plaisir, d’une chanson à l’autre. « J’ai toujours aimé jouer avec les mots. […] L’espèce de parler, la tournure de phrase, ça me vient un peu tout seul. Ça me caractérise bien. » 

Ses projets

Dave Harmo a un don extraordinaire pour les textes, c’est un secret pour personne. Il a cette plume, franche, attentive et qui respire la réalité de tous. « Parfois, j’écris des trucs qui me collent moins à la peau, mais qui pourraient fitter avec d’autres. » dit-il, alors qu’il m’explique son ouverture pour ce marché, qu’est l’écriture de chansons pour les autres artistes. « J’ai des projets dont je peux pas vraiment parler. Mais j’ai des projets d’écriture avec certaines personnes de la chanson au Québec. Des chanteuses qui ont fait leur marque depuis plusieurs années. Je travaille là-dessus présentement. » 

Pour conclure notre discussion, Dave aurait bien pu me demander une faveur, quelque chose à mentionner absolument, une plug, etc. Ça n’a aucunement été le cas. À la place, il a tenu à lancer des fleurs à Simon Robitaille, la tête de l’entreprise Taxi Promo, avec qui il travaille étroitement pour sa musique. « Je travaille avec Simon Robitaille depuis le début. C’est un vrai charme travailler avec lui. Je pense pas que ça se serait rendu aussi loin s’il n’avait pas mis son grain de sel et qu’il n’avait pas eu confiance dès le début. Il fait ça avec cœur, il est vraiment dévoué. »

Ce que j’en ai pensé

Je vous invite à vous procurer l’album Plâtrer les trous de mémoire, pour vos balades en auto tout comme pour vos samedis après-midi de ménage et brassées de lavage. Des chansons à saveurs country-folk, parfois entraînantes, parfois touchantes. Cet album saura s’improviser comme trame à tout moment de votre quotidien. Coups de cœur particuliers pour les pièces Mon petit bonhomme de chemin, Comment t’as fait, Tout fini par passer et On est tous pareil.

Suivez Dave Harmo dans ses projets!
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