Cinéma & TV, Musique

Entrevue avec le polyvalent Raphaël Butler

L’Acadien Raphaël Butler est un nom et un visage de plus en plus connu dans la sphère artistique. En effet, l’artiste musical et télévisuel n’arrête jamais! En avril 2018, son premier album, qui porte son propre nom, voit le jour avec 11 nouvelles chansons, dont il est l’auteur-compositeur-interprète. C’est Éloi Painchaud qui est à la réalisation et à l’écriture; un artiste avec qui Raphaël voulait travailler depuis longtemps. Un rêve de plus réalisé! À la fois un mélange de pop, soul et de rock, il s’agit d’un album à ajouter à sa playlist, si ce n’est pas déjà fait! Sa musique posera un baume sur ton cœur pendant ton confinement et te mettra des belles mélodies en tête!


Commencer sur le tard

Je me suis entretenue avec lui pour parler un peu de son album, oui, mais pour survoler son parcours surtout!
« Quand j’étais en 12e année, j’avais 16-17 ans, je ne faisais pas de musique. Je ne jouais pas de guitare. Je ne faisais pas de théâtre, pas d’impro. Je ne faisais absolument rien de ça. Je pensais que je m’en allais caméraman dans la vie. J’avais pris des cours options coop où j’allais à la télé communautaire. Je pensais vraiment être caméraman. Jusqu’en 12e année, où j’ai pris un cours d’art dramatique et j’ai réalisé que j’aime vraiment faire de la scène, ça me fait vraiment tripper. Faque de là je suis allé en Art Dramatique à Edmonton pis c’est à l’université que j’ai commencé à jouer de la guitare pis toute ça. On était 4 de mes chums qui jouaient de la guitare, personne ne chantait, faque je me suis porté volontaire pour chanter. J’ai commencé à chanter un peu par défaut, parce que personne d’autre chantait vraiment. Tranquillement pas vite, j’ai réalisé que wow, j’aime composer des chansons, pas juste jouer les tounes des autres! »

Ayant grandi à Moncton, qui selon lui est une ville 60% anglophone et 40% francophone, c’était plus facile pour lui de composer des chansons en anglais. Il était principalement entouré de ça en grandissant.
« Tout ce que j’essayais de faire en français, je trouvais ça hyper quétaine. Ça ne sonnait pas bien, ça ne marchait pas. Ça pris du temps… C’est en 2009 que je me suis inscris à un concours, au Festival Acadien de Caraquet. Il restait 2 semaines avant l’inscription et ça prenait 3 chansons en français. Moi j’avais zéro chanson en français! Faque, j’ai composé trois chansons en français. C’était la première fois que je composais finalement une toune que je me disais: j’ai pas essayé d’utiliser des gros mots et d’épater la galerie avec un vocabulaire que dans ma bouche ça sonnait quétaine. Je vais parler vraiment comme je le pense, et c’est là que j’ai découvert que ça me fait tripper! De là, je me suis rendu en finale de ce concours-là. »

Malgré que la musique francophone devenait tranquillement une révélation pour Raphaël, il s’est parallèlement bâti une carrière de comédien. On a pu le voir à la télévision, notamment dans les séries Belle-Baie, Le clan et Le siège, toutes diffusées à Radio-Canada. À l’âge de 26 ans, le musicien à l’intérieur de lui l’a quand même rattrapé, lui donnant envie de passer à une autre étape dans sa carrière musicale.
« J’avais le goût d’en faire un métier, faque j’ai été étudier un an à l’école nationale de la chanson à Granby. »

S’en est suivi plusieurs concours et festivals, dont Ma première Place des Arts en 2016… la même année qu’Allan Hurd et Élie Dupuis!
« C’est de là que ma carrière a commencé. Ça vraiment commencé sur le tard. Tous les gens que je rencontre, que j’ai été à l’école avec, me disent « My god, quand on était à l’école je ne savais même pas que tu pouvais chanter » et je disais, « ben moi non plus, je le savais pas à cet âge-là, je savais absolument rien » ! C’est tout le contraire de ceux qui disent « Ah ben moi, je chante depuis j’ai 3 ans… Je chante et je joue du piano…». Moi, je suis vraiment le contraire de ça. C’est un peu ça le parcours que j’ai écrit. »

Sa carrière d’auteur-compositeur-interprète puis celle de comédien se sont toujours un peu suivi. Une n’était jamais bien loin de l’autre! Difficile de dire s’il s’agit d’un comédien qui fait de la musique, ou s’il s’agit d’un chanteur qui s’improvise comédien. Raphaël Butler, c’est tout ça! C’est un gars polyvalent qui a plusieurs cordes à son arc, et je lui ai demandé si les deux se mélangeaient bien ensemble.
« Les deux [carrières] ont comme monté un peu en même temps. J’avais été en art dramatique pis après 2 ans et demi j’avais décidé que j’avais autre chose à vivre. J’ai lâché mon BAC en Art Dramatique et je suis partie voyager en Nouvelle-Zélande, en Australie… pendant comme 6 mois de temps! Ça c’était avant que j’applique pour le gala de la chanson de Caraquet. […] Y’avait des auditons pour une comédie musicale. J’ai eu le rôle principal. Moi, j’avais comme laisser tout le coté Art Dramatique de côté en lâchant mes études… Là, oh! Je tombais avec une production! Ça faisait 35 spectacles par été, devant 600 personnes à chaque fois, à Caraquet sur le bord de la mer dans une super belle salle. Après ça j’ai fait le festival de Caraquet. Cette pièce de théâtre-là m’a apporté l’audition pour la télésérie Belle-Baie pour Radio-Canada. J’ai eu un rôle là-dedans. Ça tout le temps monté en même temps. C’est vraiment pour le côté comédien que j’ai eu des contrats professionnels en premier, avec la comédie musicale, puis Belle-Baie, ça a commencé… Après ça, ben ça m’a comme donné une porte d’entrée. Surtout avec les médias, les radios pis toute ça parce que déjà les gens commençaient à connaitre le nom Raphaël Butler, surtout au N-B et en Acadie. Ça fait que je pense que ça m’a aidé, quand je me suis présenté avec mon projet musical. Les gens se sont dit « Ok, t’es un comédien pis tu veux chanter, on te connaît déjà, on va voir » …. Y’a un EP que j’avais sorti. Ça super bien marché dans les radios. Ça m’a fait pas mal voyager. J’ai vécu de beaux trips. Les deux ont pas mal monté en même temps et sont jamais venus en compétitions tsé. J’ai plus fait de télé que de théâtre… Théâtre souvent tu te dis: ok, ben ça va être un mois et demi, deux mois, de répétions, pis un mois et demi sur la route… Ça te prend plus de temps dans ton agenda! Tandis qu’à la télé, tu pognes un rôle et t’as 14 journées de tournage pendant l’été, et ça fait en sorte que tu peux quand même faire des spectacles. Ouais, jusqu’à date les deux se mélangent bien ensemble!

Son EP et son présent album étant tout deux composés uniquement de chansons francophones, je lui ai demandé s’il aimerait malgré tout prendre une avenue anglophone en musique éventuellement.
« C’est depuis les 5 dernières années, vraiment, que je me suis concentré à vouloir faire ce métier-là… Y’avait vraiment un vouloir de faire ça en français. En anglais, au début je pensais que j’avais une plus grande facilité. Mais je n’avais pas encore trouvé la façon que je voulais dire les choses en français. Je pense que je peux aller beaucoup plus loin avec mes textes en français.  Je suis en train de travailler sur un autre album, qui sera en français aussi. Je pense que je vais garder cette direction-là. »

… Il fait bien de poursuivre dans cette direction! Ses compositions sont uniques et il a un son bien à lui. Parlant de ses propres chansons, je me demandais s’il avait une morale ou une intention en particulier lorsqu’il écrivait.
« Je ne sais pas si j’ai un message ou une morale. C’est sûr que je vais souvent m’inspirer des choses que j’ai vécu. J’aime voyager. Beaucoup de mes chansons parlent de mes voyages ou d’expérience qui me sont arrivé quand j’étais petit. Je m’inspire souvent des gens que je connais. Je ne sais pas si j’aurais un message ou une morale. Je pense que j’aime raconter des histoires. Souvent mes chansons c’est par rapport à une histoire, qui a un sentiment ou un feeling que j’avais besoin de sortir. J’pense que ça vient un peu de mon côté raconteur. En show, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire entre les tounes. J’ai quasiment autant de fun à raconter des anecdotes entres les chansons que de jouer les tounes. Je pense que le côté comédien qui veut raconter des histoires, prend vie entre les chansons. Faque ouais, je ne sais pas si j’ai un message à passer mais j’aime raconter des choses. »

Ton café le matin ou ta bière le soir

Pour le fun, je lui ai demandé s’il devait faire un seul choix parmi: la musique, le théâtre et l’acting… Il opterait pour…
« C’est une question qui est tough, je suis content de pas avoir eu à prendre cette décision-là. Je pourrais dire que je mets plus d’efforts dans la musique que l’acting peut-être. […] C’est comme dire « tu choisirais entre ton café le matin ou ta bière le soir? » Le côté comédien, je suis hyper chanceux. Ça fait 8 ans qu’à toutes les années je tourne dans des téléséries, pis de plus en plus de téléséries qui se font au N-B et c’est dans ces séries-là que je joue. C’est diffusé pancanadien. C’est souvent des co-productions Québec/Acadie comme Le Clan, Le Siège… […] Faque oui, la musique prend une plus grande partie de mon année, et l’acting c’est comme un bonus. »

Pour l’écriture de ses chansons, on se rappellera un peu plus haut que Raphaël a mentionné avoir pondu trois chansons en deux semaines pour le Festival Acadien de Caraquet. Plusieurs artistes ont besoin de temps et de contextes particuliers, pour mettre au point leurs œuvres. Ça ne semble pas être le cas de Butler!
« J’écris souvent tout seul. J’ai réalisé que souvent, si j’ai trop de temps ça ne marche pas. Si j’ai un deadline genre avoir 4 tounes avant la fin du mois pour appliquer pour des démos ou des affaires de même, c’est là que la machine se met en marche. On dirait que quand je m’isole et que je suis tout seul avec mes affaires ça marche. Mais je n’ai pas besoin de m’isoler non plus. Tsé, j’ai deux enfants; ils peuvent être juste couchés, il est tard le soir. Je prends ma guitare dans le salon avec un crayon pis un bout de papier et il y a quelque chose qui sort. »

En parlant avec lui, par ce qu’il dégage et son style de musique, je le percevais comme un gars qui doit gratter la guitare autour du feu. J’ai validé mon impression en lui demandant si c’était le cas, et si oui, quels sont ses musts de feu de camp!
« J’ai commencé à jouer de la guitare début vingtaine. J’ai stické beaucoup sur Johny Cash et Bob Dylan. Asteur, je réalise que c’est des gars qui racontaient des histoires dans leurs chansons! Je réalise que c’est comme mes tounes à moi. Si je suis autour du feu, je vais jouer des covers comme Ring of fire ou Houndog d’Elvis! Des tounes du genre! »

Dans ses rêves les plus fous, si Raphaël avait à partager la scène avec un artiste, il choisirait…
« John Mayer, gros fan de John Mayer! Son évolution en tant qu’artiste, son style de mélodie, son jeu de guitare… Il est incroyable à la guitare! Ouais, je tripperais. Je suis un grand fan. »

Crier dans un stade et Roy Dupuis

Les acteurs sont souvent confrontés à des rôles similaires, d’une production à l’autre. C’est comme ça. Mais n’empêche, on peut toujours rêver! Tous les comédiens ont des rôles en tête qu’ils n’ont jamais joués, qu’ils chérissent intérieurement…
« Je ne sais pas si ça va arriver un jour, mais bon. Une espèce de guerrier médiéval, de quoi avec des épées, des chevaux… De quoi de même ! Jouer dans un film à la King Arthur ou 300. De quoi que je suis dans le milieu d’un stade en train de crier. (rires) J’pas sûr que ça va arriver, mais bon. »

Toujours dans la rêverie et les suppositions, et après avoir su qu’il aimerait partager la scène musicale avec John Mayer, je lui ai demandé avec qui il aimerait tourner sur un plateau.
« J’aimerais jouer avec un gars comme Roy Dupuis. C’est un comédien qui me fait tripper. Il a une intensité qui m’impressionne. Et sur un plateau, on apprend beaucoup en regardant les autres jouer. Alors ouais, je dirais Roy Dupuis. »

Vous pouvez vous procurer l’album de Raphaël Butler sur les plateformes numériques.
Pour toutes les nouvelles de l’artiste, visitez son site web raphaelbutler.ca! Retrouvez-le également sur les réseaux sociaux pour suivre en détails sa carrière musicale et télévisuelle.


Merci à Raphaël Butler pour son temps.
Merci également à Simon Robitaille.

-En collaboration avec Claudia Boisvert

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